Mémoire de Notre-Dame Auxiliatrice

C’est le Pape Pie VII qui institua une fête solennelle en l’honneur de la Vierge secourable sous le titre de « Notre-Dame Auxiliatrice », qu’il fixa à perpétuité au 24 mai…

Le secours de la Mère de Dieu s’est souvent fait sentir au peuple chrétien d’une manière miraculeuse, lorsqu’il s’agit de repousser les ennemis de la religion. C’est ainsi que l’importante victoire remportée par les chrétiens sur les Turcs dans le golfe de Lépante est due à l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie (7 octobre). Pour cette raison, le Saint Pontife Pie V ordonna qu’en reconnaissance, on insérerait dans les litanies de Lorette l’invocation suivante : « Auxilium Christianorum, Secours des Chrétiens ». Mais un des faits les plus mémorables de la protection de Marie est celui qui se rapporte au souverain pontife Pie VII. Violemment arraché du siège apostolique de Pierre par le conseil des impies secondés de la force armée, il fut détenu dans une étroite prison pendant plus de cinq ans, à Savone, puis à Fontainebleau. Toujours sous une garde sévère et réduit à l’impuissance de gouverner l’Église de Dieu, il ne pouvait avoir aucune communication avec l’extérieur. Après ce laps de temps, lorsqu’on y songeait le moins, le pape Pie VII se vit tout à coup rétabli sur le trône pontifical aux applaudissements universels. C’était la réponse de Marie Auxiliatrice aux prières du souverain pontife. Ce prodige se renouvela l’année suivante. Une nouvelle tempête avait contraint le pape de sortir de Rome et de se retirer à Gênes, en Ligurie, en compagnie du sacré collège des cardinaux. L’assistance bien visible de Dieu apaisa encore subitement cet orage et le Pontife put revenir à Rome au milieu des transports de joie de toute la chrétienté. Mais Pie VII n’avait pas voulu prendre le chemin du retour vers la ville éternelle sans réaliser auparavant un pieux désir que sa captivité l’avait empêché de satisfaire. Docile à seconder les inspirations de la grâce, le souverain pontife plaça de ses propres mains une couronne d’or sur la tête de l’insigne image de la Mère de Dieu honorée solennellement à Savone sous le nom de : « Mère de Miséricorde » !

Le culte de Notre-Dame Auxiliatrice

 

Le culte rendu à la Sainte Vierge sous le titre de Marie Auxiliatrice, Maria Auxilium Christianorum, remonte fort loin. Mais ce fut, surtout après la bataille de Lépante, en 1571, qu’il reçut, en quelque sorte, sa consécration officielle.

La flotte chrétienne mit en déroute la flotte turque au cri de : Vive Marie !, et le Pape Pie V, qui avait connu, par révélation, cette insigne victoire avant l’arrivée d’aucun messager, ordonna que dans la litanie Lorétienne serait désormais inscrite l’invocation : Maria Auxilium Christianorum, ora pro nobis.

Un siècle plus tard, en 1683, deux cent mille Turcs vinrent mettre le siège devant Vienne. Le prince Charles de Lorraine n’avait que trente mille hommes à opposer à cette formidable invasion. Ce fut un Pape, Innocent XI, qui sauva pour ainsi dire la Chrétienté, en ordonnant des prières publiques et en appelant les princes chrétiens au secours de la ville assiégée.

Un seul d’entre eux répondit à l’appel : Jean Sobieski, de glorieuse mémoire. Avec une poignée d’hommes il pénétra dans Vienne, devenue un monceau de ruines. Le 12 septembre, il alla, avec le prince Charles, assister à la sainte Messe, qu’il voulut servir lui-même, les bras en croix ; puis il s’écria : « Avec la protection de la Sainte Vierge, marchons avec confiance à nos ennemis, et nous aurons la victoire. »

En effet, après un court combat, les Turcs se retirèrent en désordre de l’autre côté du Danube, abandonnant un butin immense. Toute la Chrétienté fut unanime à attribuer à la protection de la Sainte Vierge une aussi étonnante victoire, qui délivrait non seulement l’Autriche, mais encore l’Europe, de l’invasion des Turcs ; et, à cette occasion, fut érigée, à Munich en Bavière, la première confrérie en l’honneur de Marie Auxiliatrice.

 

Pie V avait introduit dans les litanies l’invocation de Maria Auxilium Christianorum ; ce fut Pie VII qui institua sa fête au 24 mai.

Transporté à Fontainebleau par Napoléon Ier, il fit la promesse d’honorer Marie sous le nom d’Aide des chrétiens, dès qu’il lui serait accordé de reprendre possession de sa ville papale.

Sa rentrée triomphale à Rome ayant eu lieu le 24 mai 1814, il fixa au 24 mai la fête de Marie Auxiliatrice.

 

En 1817, l’église Santa Maria in Monticelli, à Rome, reçut un tableau représentant la Sainte Vierge sous le nom de Maria Auxilium Christianorum. Des indulgences nombreuses furent accordées aux associations et confréries qui s’élevèrent en son honneur. Les fidèles affluèrent et des grâces signalées furent obtenues.

La ville de Turin n’était pas restée en arrière de cette dévotion. Agrégée une des premières à la confrérie de Munich, elle n’avait pas tardé d’avoir aussi, sa confrérie spéciale de Notre-Dame Auxiliatrice, que Pie VI, par rescrit du 9 février 1798, enrichit de précieuses indulgences et faveurs spirituelles.

Cette confrérie avait adopté, pour lieu de ses réunions, l’église Saint-François de Paule, où le cardinal Maurice, prince de Savoie (mort en 1657), avait fait placer une belle statue de marbre dédiée à Notre-Dame Auxiliatrice.

 

Notre-Dame Auxiliatrice

Secours des Chrétiens

 

Notre-Dame Auxiliatrice, Secours des ChrétiensNotre-Dame Auxiliatrice

 

Voici le texte de la liturgie sur cette fête : « Le secours de la Mère de Dieu s’est souvent fait sentir au peuple chrétien d’une manière miraculeuse, lorsqu’il s’agit de repousser les ennemis de la religion. C’est ainsi que l’importante victoire remportée par les chrétiens sur les Turcs dans le golfe de Lépante est due à l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie. Pour cette raison, le saint Pontife Pie V ordonna qu’en reconnaissance, on insérerait dans les litanies de Lorette l’invocation suivante : Auxilium Christianorum, Secours des Chrétiens.

« Mais un des faits les plus mémorables de la protection de Marie est celui qui se rapporte au souverain pontife Pie VII. Violemment arraché du siège apostolique de Pierre par le conseil des impies secondés de la force armée, il fut détenu dans une étroite prison pendant plus de cinq ans, à Savone, puis à Fontainebleau. Toujours sous une garde sévère et réduit à l’impuissance de gouverner l’Église de Dieu, il ne pouvait avoir aucune communication avec l’extérieur. Après ce laps de temps, lorsqu’on y songeait le moins, le pape Pie VII se vit tout à coup rétabli sur le trône pontifical aux applaudissements universels. C’était la réponse de Marie Auxiliatrice aux prières du souverain pontife.

« Ce prodige se renouvela l’année suivante. Une nouvelle tempête avait contraint le pape de sortir de Rome et de se retirer à Gênes, en Ligurie, en compagnie du sacré collège des cardinaux. L’assistance bien visible de Dieu apaisa encore subitement cet orage et le Pontife put revenir à Rome au milieu des transports de joie de toute la chrétienté. Mais Pie VII n’avait pas voulu prendre le chemin du retour vers la ville éternelle sans réaliser auparavant un pieux désir que sa captivité l’avait empêché de satisfaire. Docile à seconder les inspirations de la grâce, le souverain pontife plaça de ses propres mains une couronne d’or sur la tête de l’insigne image de la Mère de Dieu honorée solennellement à Savone sous le nom de : Mère de Miséricorde.

« Le Vicaire du Christ attribua cette admirable succession d’événements à la puissante intercession de la Très Sainte Vierge qu’il avait continuellement invoquée, priant tous les fidèles de se tourner vers Elle avec une amoureuse confiance. Il institua une fête solennelle en l’honneur de la Vierge secourable sous le titre de Notre-Dame Auxiliatrice, qu’il fixa à perpétuité au 24 mai, jour anniversaire de son heureux retour dans la ville de Rome. Désirant conserver le souvenir particulier de si grands bienfaits, Pie VII donna un office propre à cette belle fête. »

L’Abbé Jouve, 1886, deux éd. tome 2, p. 214-215 – F.E.C. Édition 1932, p. 179-180 – Les Petits Bollandistes, Paris, éd. 1874, tome 6, p. 148

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